A propos de musicothérapie

La musicothérapie peut-elle nous soigner ?

« La musique adoucit les mœurs » nous dit l’adage bien connu. Mais les mélodies si chères à nos cœurs ne font-elles qu’adoucir les mœurs ou recèlent-elles des secrets bien plus grands ? Et si les musiques que nous écoutons avaient la capacité de transformer notre vie, de la marquer de leur sceau et d’agir sur tous les plans de notre être : physiques et subtils ?
La musicothérapie, cette science très ancienne a déjà répondu à ces questions avec brio, en proposant de nombreuses méthodes de guérison et d’harmonisation par le son. Mais ce n’est pas tout. Car si l’on en croit les différentes traditions spirituelles et les recherches récentes dans ce domaine, la musique pourrait être également une clé pour ouvrir les portes de la conscience et conduire l’homme sur le chemin de son âme… Alors, tendons l’oreille !

rose et partition

 « Au commencement était le verbe » affirment les premières paroles de la Genèse. Cela signifie qu’au commencement était le son et que tout procède par lui. Si l’on en croit l’ancienne sagesse : le verbe, le son, est créateur. Il est la vibration primordiale qui peut enfanter les mondes et qui imprègne tout.

Lorsque les physiciens quantiques affirment que la nature de la matière est essentiellement vibratoire, que celle-ci est une onde qui se propage selon un rythme qui lui est propre, qu’elle peut se dissiper à l’infini ou se condenser jusque dans la pierre ou le fer, ne parlent-ils pas de ce son imperceptible qui compose toute chose et qui pourrait bien être le chant secret de Dieu ? Ne se réfèrent-ils pas à cette vibration qui peut générer la beauté et la splendeur ou devenir une onde de destruction massive si elle est mal employée ; si les hommes désaccordent leur instrument vis-à-vis de la grande symphonie de l’Univers ? Car le son peut se manifester sous la forme du chant de l’océan et des oiseaux – comme une musique harmonieuse qui nous apaise et nous conduit vers l’Essentiel – ou bien déchirer l’espace tel que le fait le grincement strident d’une rame de métro, le hurlement d’un réacteur d’avion qui s’arrache à la terre, ou le cri d’un enfant qui a peur. Le son nous influence, nous modèle, nous construit ou nous détruit. L’observation de soi pendant le visionnage d’un film, au cinéma, par exemple, nous le prouve bien. L’ambiance sonore accompagnant les images leur octroie une puissante influence, les rend positives ou négatives et nous emmène d’un état d’âme vers un autre en quelque secondes.

Celui qui sait entendre la mélodie silencieuse des couleurs, la symphonie des formes et du monde en toutes circonstances, au-delà de la cacophonie superficielle, apprendra progressivement à maîtriser ses états intérieurs, à rester aligné sur un certain degré vibratoire en permanence.

«La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée»
Platon

violon, âme et pensée 

La musicothérapie, des racines plongeant dans le passé…

Cette conscience de la puissance phénoménale de la musique et du son s’est éveillée dans la conscience de l’humanité tout autour du globe, dès les premières civilisations. La musique, les rythmes et les sons ont rapidement été considérés comme des moyens d’action sur l’environnement intérieur et extérieur de l’Homme et sur les esprits invisibles qui gouvernent l’existence. En plus de cette capacité à devenir outil de pouvoir, ils se sont également rapidement révélés à même de relier l’être humain aux sphères supérieures, aux divinités. La musique fut alors pratiquée comme un art principalement sacré et thérapeutique.

Même si au départ, elle n’était pas structurée en notes comme aujourd’hui, l’emploi judicieux de certaines intonations vocales, de certains sons, d’instruments de percussions spécifiques et consacrés, avaient le pouvoir de chasser les mauvais esprits, de provoquer des transes curatives ou de se lier avec certaines entités célestes ou élémentales.

Au fil des époques et de manière plus ou moins différente sur les cinq continents, la musique s’est ancrée en tant que fidèle compagne de tous les rites initiatiques, de toutes les pratiques spirituelles et religieuses. Du bâton de pluie au didjeridoo, en passant par les bols tibétains, les cloches, les tambours chamaniques, les orgues… De l’utilisation de la voix humaine psalmodiée sous forme de mantras, de chants harmoniques, de prières, jusqu’aux chants grégoriens ou aux messes de S. Bach dédiées à la gloire du Très-Haut, les sons sacrés n’ont cessé d’accompagner les humains dans leur quête du divin au fil de l’histoire.

musique sacrée

Au cours des derniers siècles pourtant, avec la perte du sens du sacré et de la spiritualité vécue au quotidien, la musique s’est vulgarisée jusqu’à devenir essentiellement une source de divertissement et de plaisir. Ce n’est que récemment, que la culture globale des pays industrialisés a créé une nette séparation entre musique et conscience de l’âme.

Toutefois, on assiste aujourd’hui à une sorte de contre-attaque culturelle émergente par la vague des nouvelles spiritualités, et se présentant comme un retour à la musique inspirée ou sacrée. Les musiques dites « new age », tribales, chamaniques, ethniques, grégoriennes s’installent de nouveau dans le paysage culturel avec puissance et accompagnent souvent une quête de mieux-être, de sens de la vie, une démarche intérieure chez leurs auditeurs. Parallèlement à cette tendance, existe une montée de musiques mécaniques, bruyantes et déstructurantes telles que peuvent l’être la techno trash, le rap, le hard rock…

«Prends un bain de musique une à deux fois par semaine pendant quelques années et tu verras que la musique est à l'âme ce que l'eau du bain est au corps.»
Olivier Wendell Holmes


bain de musique

La magie des sons

Avec le développement de la musicothérapie, la musique peut aujourd’hui retrouver progressivement le caractère magique et curatif que lui attribuaient les anciens et que nombre de générations ont oublié.

Si la cosmogonie chinoise et la médecine traditionnelle millénaire qui l’accompagne abordent largement le pouvoir créateur, thérapeutique et spirituel du son, si Pythagore, dans ses écrits, attache une grande importance à la musique des sphères et à la capacité des sons à nous harmoniser avec le macrocosme… si Platon et Aristote ont longuement développé la théorie de l'influence de la musique sur les passions et sur la moralité, notre civilisation moderne, quant à elle, a été fort lente à retrouver ce chemin d’évidence, de sagesse et d’éveil.

Ce n'est qu'au vingtième siècle, dans les années 1960, que la notion de musicothérapie et la possibilité d'une profession dans ce domaine a fait son apparition à l'état expérimental, notamment au Canada et aux Etats-Unis.

En France, la réapparition de la musicothérapie fut un peu plus précoce. Elle date des années 1940 et 1950, au cours desquelles elle fut utilisée sur les soldats convalescents pour tenter de soulager les traumatismes de la guerre : insomnies, dépressions post-combat, anxiété…

Par la suite, des recherches approfondies ont été réalisées dans différents instituts, en France comme à l'étranger. Tels l'institut Karajan à Salzbourg, qui étudie le pouvoir physiologique de la musique, ou encore l’ARATP (Association de Recherche et d’Application des Techniques Psychomusicales) de Paris, ainsi que l'institut Emile Jacques-Dalcroze à Genève, créé en 1915.

En France, c'est un ingénieur du son : Jacques Jost, qui fait office de pionnier dès 1954 et tente de démontrer que l’on peut soigner avec la musique. Il s'appuie sur une base clinique avec l'aide du Laboratoire d'Encéphalographie de la Clinique des Maladies Mentales et de l'Encéphale, à la Faculté de Médecine de Paris. Il effectue alors des recherches sur les émotions et la musique, puis sur les influences physiologiques du son, seul ou en rapport avec d’autres facteurs, comme la projection de lumière colorée. Pendant dix-huit ans, il poursuit l'étude et l'application des techniques psychomusicales en psychiatrie, en collaboration avec des Docteurs spécialisés.

Les études concernant l'action de la musique sur le corps et les états intérieurs sont donc récentes. Elles essaient de mettre en évidence que l'écoute de certaines musiques a  des répercussions physiologiques et psychologiques sur l'organisme, notamment au niveau cardio-vasculaire, respiratoire, musculaire et végétatif.

La musicothérapie en pratique

«La musique met l’âme en harmonie avec tout ce qui existe.»
Oscar Wilde

musique universelle

La musicothérapie, sur le plan pratique, peut être approchée par deux voies différentes : la musicothérapie active et la musicothérapie réceptive.
Dans les deux cas, le timbre du son émis en lui-même, la nature de sa vibration, ont la capacité de faire résonner, de faire vibrer les différentes parties l’individu, physiques et subtiles. Ce massage vibratoire relance le mouvement des énergies chez le patient ou le pratiquant et libère les blocages physiques ou psychologiques.

Les sons graves font vibrer la partie inférieure du corps et les sons aigus, la partie supérieure. Le corps tout entier peut donc être considéré comme une harpe, comme un instrument de musique dont chaque organe possède une note spécifique – allant des sons les plus graves aux notes les plus aigues – et aspirant à vibrer sur la fréquence qui lui correspond.

Le mode « actif »

Dans la musicothérapie active, le sujet génère lui-même les sons qui vont l’accompagner sur le chemin de la guérison et favoriser son harmonisation intérieure, psychologique, énergétique. Ainsi, il devient créateur. Que ce soit à partir d’instruments ethniques ou classiques ou encore par l’utilisation de sa propre voix, le pratiquant de la musicothérapie « active » développe l’expression de soi, ce qui facilite l’exploration des blocages intérieurs et de leur résolution. Cette méthode, faisant partie de celles que promeut la Mutualité Française pour dynamiser et « déverrouiller » les patients atteints de maladie de Parkinson, repose sur l’improvisation instrumentale, vocale ou gestuelle, la composition de chansons et l’exécution de mouvements rythmiques au son de la musique.

Dans le cadre de ce « mode actif », les méthodes les plus connues sont :

La méthode du Dr Tomatis (qui utilise le mode actif et le mode réceptif)
La Psychophonie, de M. Louise Aucher, qui permet de réharmoniser tous les résonateurs du corps : organes, vertèbres, glandes endocrines… par le travail de la voix chantée.
Le chant harmonique ou diphonique, que l’on retrouve dans certaines pratiques Bouddhistes.
La thérapie vocale (Méthode La Voix qui guérit) conçues par Philippe Barraqué, ethnomusicologue (Université de Paris8), musicothérapeute.
L'Euphonie Vocale, musicothérapie vocale, créée par Mireille Marie, artiste et pédagogue. Cette méthode intègre des mouvements corporels du Yoga des derviches, des chants sacrés et du chant improvisé.

Le mode « réceptif »

Dans la méthode réceptive, le sujet écoute de la musique et/ou des sons, en essayant de s’ouvrir à leur influence, de se laisser toucher, emplir, traverser… de vibrer à l’unisson. En général, cette audition se déroule en état de relaxation profonde, dans un environnement préparé à cet effet. La séance peut même s’accompagner de projection d’ambiances colorées, tel que cela a été expérimenté au CIM (Centre International de Musicothérapie, en France)

En mode « réceptif », l’écoute de la musique peut stimuler l’énergie créative et aider à accroître la concentration et la mémoire. La musique peut aussi faire surgir des émotions, parfois oubliées ou profondément enfouies. Le thérapeute pourra utiliser ces émotions pour enrichir la démarche thérapeutique, et mettre de nouveau la musique à contribution.

Dans le cadre de ce « mode réceptif », les méthodes les plus connues sont :

L'écoute d'extraits musicaux ou de sons (sonothérapie). Le programme sonore est établi après un entretien et un test de réceptivité musicale comme celui du docteur Jacqueline Verdeau-Pailles.
Selon la technique établie par Jacques Jost et Edith Lecourt, une séance de musicothérapie réceptive associe trois fragments d'œuvres musicales, dont l'audition successive constitue trois étapes thérapeutiques : apaisement, détente, relaxation.
La méthode développée par Jean-Marie Guiraud-Caladou, nommée détente psychomusicale, propose elle aussi trois phases ; successivement l'apaisement, la détente puis la redynamisation.
La pratique du Dr Tomatis table plutôt sur l'audition de sons filtrés de manière variable selon leurs propres caractéristiques grâce à divers appareils qui reprennent tous l'idée de filtrages ou d'adjonction sonores.

Les applications thérapeutiques de la musicothérapie sont très nombreuses. Il est impossible d’en dresser ici une liste exhaustive. Néanmoins, beaucoup d’études ont permis d’en observer les effets positifs. Les séances amènent fréquemment une meilleure détente au quotidien, une amélioration de l’humeur et de la qualité de vie, une diminution de l’anxiété, etc.

relaxation massage

Applications thérapeutiques et résultats

Amélioration de l’humeur.

Réduction de l’anxiété. Selon des études cliniques publiées en 2002, ce traitement abordable devrait être recommandé comme adjuvant aux soins médicaux. En ce qui concerne les enfants, elle permet de soulager l’anxiété avant une chirurgie au moment de la séparation avec les parents, puis en salle d’opération.

Contribution au soulagement de la douleur. Elle contribuerait à diminuer l’utilisation de la morphine et d’autres sédatifs, anxiolytiques et analgésiques. De plus, elle permettrait une diminution de la perception de la douleur et une plus grande tolérance à celle-ci.

Amélioration de la qualité de vie des personnes souffrant de schizophrénie.

Contribution au soulagement de certains symptômes de l’autisme.
 

Amélioration du sommeil. Chez les personnes souffrant de troubles du sommeil, la musicothérapie facilite l’endormissement et permet de diminuer le nombre de réveils, d’améliorer la qualité du sommeil et d’en augmenter la durée ainsi que l’efficacité.

Contribution au développement de l’enfant et à l’amélioration des soins des nouveau-nés. La musicothérapie occupe une place de plus en plus grande dans les soins administrés aux nourrissons et aux enfants ayant des besoins particuliers. Elle peut contribuer à calmer le nourrisson, stimuler le développement du langage, augmenter la prise de poids et la tolérance à la stimulation, réduire le stress et la durée de l’hospitalisation.


Contribuer au soulagement de symptômes liés à la démence.


Amélioration de la coordination des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.


Contribuer à améliorer l’activité physique et l’acquisition de connaissances. La musicothérapie associée à l’activité physique pourrait diminuer les sensations de malaise qui en découlent parfois et augmenter la tolérance à l’effort. Elle pourrait également stimuler les facultés cognitives.

 
Soulagement de certains symptômes de la dépression.


Accompagnement de la grossesse
Si la musique peut améliorer notre santé globale, physique et énergétique, si elle peut élever nos vibrations et nous guérir, nous relier aux plans supérieurs et renforcer notre âme, elle peut aussi agir dans le sens opposé. Une musique dissonante ou violente pourra avec certitude nous voler notre Lumière et nous rendre malades.
Alors à nous de choisir la nourriture sonore que nous offrons à nos oreilles et à notre être intérieur !

 

                                                                                    Frantz Amathy

fleche  Découvrez les musiques de relaxation